La frugalité cible, tout en maintenant les performances et la satisfaction des besoins, la minimisation de l'empreinte environnementale d’un système ou d’une application, donc la minimisation de l'énergie et des matériels utilisés.
La frugalité va s'imposer comme un impératif pour l'Intelligence Artificielle non seulement via des contraintes de ressources énergétiques et d'impact environnemental, mais aussi, et c'est lié, tout simplement pour des raisons économiques.
Les grands modèles LLM, le plus souvent développés par des géants du numérique, existent mais ne sont plus l'enjeu stratégique déterminant. La bataille stratégique se joue désormais sur l'inférence, via des modèles plus petits et spécialisés selon les applications ou usages, en d’autres termes les métiers, y compris par exemple pour les objets connectés ou les systèmes embarqués.
La frugalité, incontournable, ne pourra résulter que d'une co-conception à double volet« matériel/logiciel », et même à triple volet en combinant les ressources humaines : leur intelligence et leur connaissance non seulement des technologies mais aussi des métiers, bref leur intelligence, bien réelle, est une nécessité première.
Qu’il s’agisse de survie économique des entreprises, de souveraineté des pays, ou d’éco-géostratégie européenne, la frugalité de l’IA n’est pas seulement un choix écologique ;c’est le fondement énergétique de toute compétitivité au siècle de l’IA.
Les acteurs n'auront pas le choix. Ils seront frugaux ou seront dépassés: ils devront s'imposer de définir leur trajectoire de frugalité, continûment évolutive, sous forme de feuille de route, c’est-à-dire de trajectoire.

